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Sinistres photovoltaïques : pourquoi la thermographie ne suffit pas

  • 5 mai
  • 4 min de lecture

La thermographie infrarouge est devenue un réflexe incontournable pour les experts IARD face à une installation solaire défaillante. En quelques minutes, un survol thermique révèle les points chauds, les modules déconnectés ou les défauts de diode bypass. Pourtant, s’arrêter à cette image thermique, c’est prendre le risque de produire un rapport contestable. Pourquoi ? Parce qu’un point chaud peut avoir plusieurs origines, chacune avec des implications techniques et juridiques très différentes.


Dans cet article, je vous explique pourquoi la thermographie ne suffit pas pour qualifier un sinistre photovoltaïque. Je vous montre aussi comment croiser plusieurs méthodes d’analyse pour garantir un diagnostic fiable et opposable. Enfin, je vous parle des normes à respecter pour éviter les risques d’incendie liés aux arcs électriques en courant continu.



Vue en plongée d’un panneau photovoltaïque avec un point chaud détecté en thermographie
Vue en plongée d’un panneau photovoltaïque avec un point chaud détecté en thermographie

Vue en plongée d’un panneau photovoltaïque avec un point chaud détecté en thermographie



Les limites de la thermographie infrarouge


La thermographie est un outil rapide et visuel. Elle permet de repérer des anomalies thermiques sur les modules solaires. Ces anomalies apparaissent sous forme de points chauds, zones froides ou décalages de température. C’est un excellent premier indicateur.


Mais un point chaud ne signifie pas automatiquement la même chose. Il peut venir de :


  • Un ombrage partiel sur le module

  • Un défaut de cellule interne

  • Une cellule fissurée (microcrack)

  • Une diode bypass défaillante

  • Un défaut de connectique côté courant continu


Chacune de ces causes a une origine différente. Par exemple, un microcrack peut être un vice caché ou un défaut de fabrication. Un ombrage partiel est souvent un problème d’environnement ou d’entretien. Une diode bypass défaillante peut relever d’un défaut de pose.


Sans analyse complémentaire, la thermographie ne permet pas de trancher entre ces causes. Cela complique la qualification juridique du sinistre et le chiffrage des réparations.



L’importance des courbes I-V pour une analyse précise


Pour aller plus loin, il faut exploiter les courbes I-V (intensité-tension) module par module. Ces courbes donnent une image précise du comportement électrique de chaque panneau.


En comparant les courbes à des références, on peut distinguer :


  • Une dégradation progressive, comme la PID (Potential Induced Degradation) ou la LID (Light Induced Degradation)

  • Un défaut franc, imputable à l’installateur ou au fabricant


Ces mesures sont souvent réalisées par un laboratoire spécialisé ou par l’installateur. Leur lecture critique est essentielle pour qualifier la nature du sinistre.


Par exemple, une dégradation progressive liée à la vétusté ne sera pas prise en charge comme un vice caché. En revanche, un défaut de pose sera imputable à l’installateur.



Gros plan sur un technicien analysant une courbe I-V sur un ordinateur portable
Gros plan sur un technicien analysant une courbe I-V sur un ordinateur portable

Gros plan sur un technicien analysant une courbe I-V pour diagnostic photovoltaïque



Le risque d’arc électrique en courant continu souvent négligé


Un autre point crucial, souvent oublié dans les premiers rapports, est le risque d’arc électrique en courant continu. Ce risque est réel et peut provoquer un incendie.


La norme UTE C15-712-1 impose des règles strictes sur :


  • Le cheminement des câbles

  • La protection contre les arcs électriques

  • La coupure d’urgence


Si une installation photovoltaïque ne respecte pas ces prescriptions, un sinistre incendie peut survenir. Et sans vérification de cette conformité, le rapport d’expertise peut être remis en cause lors d’une contre-expertise.



Croiser thermographie, courbes I-V et conformité pour un rapport solide


Le rôle du sapiteur est de croiser ces trois lectures :


  • Thermographie infrarouge

  • Analyse des courbes I-V

  • Vérification de la conformité à la norme UTE C15-712-1


Cette approche croisée permet de livrer une qualification technique solide, qui résiste au contradictoire.


Quand les mesures sont incomplètes ou contestées, il est souvent nécessaire de missionner un laboratoire indépendant. Ce laboratoire produit des relevés certifiés, intégrés ensuite dans la note de sapiteur.


Cette articulation entre lecture experte et mesures certifiées garantit la pleine opposabilité du rapport.



Exemple d’outils et services pour sécuriser vos projets photovoltaïques


Pour sécuriser vos projets, il est utile de s’appuyer sur des services spécialisés. Par exemple, Kiwi Conception propose une expertise complète qui intègre :


  • La thermographie infrarouge rapide et précise

  • L’analyse approfondie des courbes I-V par des laboratoires partenaires

  • La vérification de la conformité aux normes électriques en vigueur


Ces services permettent d’éviter les erreurs d’interprétation et de sécuriser juridiquement vos dossiers sinistres.


Pour en savoir plus, vous pouvez consulter leur site : Kiwi Conception.



Vue rapprochée d’un panneau solaire avec câblage conforme aux normes électriques
Vue rapprochée d’un panneau solaire avec câblage conforme aux normes électriques

Vue rapprochée d’un panneau solaire avec câblage conforme aux normes électriques



Pourquoi cette rigueur est essentielle pour les maîtres d’ouvrage


En tant que maître d’ouvrage, public ou privé, vous avez tout intérêt à exiger cette rigueur. Un rapport d’expertise fiable vous protège :


  • En cas de litige avec l’installateur ou le fabricant

  • Pour une prise en charge correcte par les assurances

  • Pour garantir la sécurité de l’installation et éviter les risques d’incendie


Ne vous contentez pas d’une simple image thermique. Demandez une analyse complète, avec des mesures certifiées et une vérification des normes.



Conclusion


La thermographie infrarouge est un outil précieux, mais elle ne suffit pas à qualifier un sinistre photovoltaïque. Un point chaud peut avoir plusieurs causes, chacune avec des conséquences techniques et juridiques différentes.


Seule l’analyse croisée de la thermographie, des courbes I-V et de la conformité aux normes électriques permet de produire un rapport solide et opposable. Cette démarche protège les maîtres d’ouvrage et sécurise leurs projets.


Pour garantir cette qualité d’expertise, il est recommandé de faire appel à des spécialistes comme Kiwi Conception, qui combinent savoir-faire technique et rigueur juridique.


Agissez dès maintenant pour sécuriser vos installations solaires et éviter les mauvaises surprises.



Article rédigé par un expert en sinistres photovoltaïques et en assurance IARD.

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